Dernière journée de cours. On sent le début de la fin. La température semble aussi triste que moi, il pleut à boire debout comme on dit.
Aujourd'hui, on nous remet nos examens corrigés. Je n'ai pas réussie à atteindre le niveau que je souhaitais atteindre. Il me manquait 3 pourcents pour l'atteindre. Le directeur refuse de me les accorder, même en sachant à quel point cela est important pour moi. Le professeur n'a eu accès à la grille d'équivalence des notes que ce matin, soit bien après avoir fini la correction. Puisqu'il n'est pas d'accord avec la décision du directeur, il accepte de m'aider un peu. Dossier à suivre...

Photo de groupe lors de la dernière journée. Beaucoup d'absents...
Après avoir reçu nos examens, nous allons prendre une crème glacée ensemble. Initialement, nous devions aller dans un super pub que notre professeur ultra branché nous conseillait fortement. Il nous entraîne donc vers une glacerie "in der nahe von die Schule"... près de l'école, juste de l'autre côté du parc! Il pleut plus fort que si quelqu'un avait versé une chaudière d'eau sur la ville. Le parc est envahi par les flaques d'eau si grandes qu'on s'y baignerait. La fameuse glacerie est à quinze minutes à pied. Vraiment, quand il fait beau, c'est bien une belle petite promenade dans les bois. Mais quand il fait 17 degrés, et qu'il pleut des chiens et des chats... c'est loin en ti-père!
Heureusement, la crèmerie, tenue par des espagnols, valait vraiment le détour! La glace, faite sur place, était absolument délicieuse! De plus, c'était l'occasion de se réunir une dernière fois, ensemble.
Ensuite, on retourne à l'école, on je rejoins mes comparses habituels, Aurélien et Sophie. Nous retournons au même petit restaurant qu'hier, et entraînons Olga avec nous. Cette fois-ci, température oblige, nous nous commandons des pâtes. Je ne peux résister à l'appel assourdissant des Spaghettis carbonara, alors que les autres fléchissent devant la lasagne cuite au four en pierre sur feu de bois. Nous restons longuement à table, à discuter. Lorsque nous nous extirpons enfin de nos sièges, nous prenons la direction de mon appartement, que je partage avec Aurélien. Ce dernier doit faire sa valise, puisqu'il quitte en fin d'après-midi.
Nous passons donc ce qu'il reste de l'après-midi à écouter de la musique sur mon ordinateur tout en regardant les photos que j'ai prises depuis le début du mois. Pour une raison étrange, internet ne fonctionne pas...
C'est l'heure. On sort tous de l'appartement, Aurélien, valise à la main. Nous nous dirigions vers la station de train, en discutant un peu, sous une pluie un peu plus légère. Nous prenons le train du même quai, mais dans deux directions opposées. Aurélien se rend à l'aéroport Schöenefeld pour prendre un avion vers Nice, Sophie et moi nous rendons à la station Eberswalder. Comme dans un film. Sophie et moi laissons passer un train, histoire d'attendre un peu avec Aurélien, et de prendre le temps de se dire aurevoir comme il se doit. Finalement, nous décidons de prendre le suivant. Trop attendre serait trop dur. Nous nous quittons ainsi, sur le quai du S-Bahn Warschauer, la gorge serrée, manquant de mots pour exprimer à quel point nous nous manquerons.
Dans notre train, Sophie et moi discutons un peu, laissant les émotions retomber. Je sens que l'on se rattache à quelque sorte l'une à l'autre. On ne veut pas que ça se termine. Je n'ose pas penser à mon retour. Nous arrivons au lieu de rendez-vous établi. Malheureusement, étant donné la température, le Biergarten (littéralement Jardin de bières) est fermé. Nous réussissons à rejoindre Rainer, le directeur de l'école, par téléphone. Il nous indique qu'ils sont dans un pub tout près, Schall und Rauch. Nous arrivons sur les lieux quelques minutes après. L'endroit est magnifique. Une dizaine d'étudiants sont présents, avec une professeure, Anna, le directeur et notre guide habituel, Helmut. Ce dernier s'empresse de nous dire que John Lennon avait un lien avec ce pub, mais il parle si vite, que personne ne comprend. Nous n'osons pas le lui redemander. Dommage, puisque j'ai beau chercher, je ne trouve pas ce qu'il avait bien pu me dire!
La soirée se passe très bien, mais trop vite. Déjà, des étudiants quittent. Lentement, un à un. Nous nous faisons nos aurevoir, ou nos adieux, impossible de le dire, ce qui rend l'atmosphère encore plus chargée. Par moments, les rires se font plus nerveux, pour cacher le serrement dans nos gorges. La soirée est ponctuée de blague du genre "Hey, fais attention à comment tu me parle, c'est la dernière fois qu'on se voit! -Et je vais te manquer! - Peux-être, mais je te manquerai bien plus..." et on sent que les étudiants ne veulent pas partir. Pour moi, le moment le plus fort de cette soirée aura sans aucun doute été le départ de mes collègues de classe favoris, Konrad et Carlos. Au cours de la seconde semaine de cours, j'ai eue des moments plus difficiles. Je sentais que je ralentissais le groupe, et que j'étais vraiment pas d'un bon niveau en Allemand. Durant les deux semaines suivantes, ils se sont assis de chaque côté de moi en classe, pour que l'on s'entraide. Carrément salutaire! Sans oublié que les deux sont de grands comiques qui abusent de la galanterie, en refusant que je leur tienne la porte ouverte, même si j'arrive première à la porte. De plus, quand un Polonais chante du Jon Lajoie pour te remettre de bonne humeur le matin, c'est digne de mention! Pour nous, ce n'était pas des adieux. Il est évident que nous nous reverrons un jour. La soirée s'étire donc jusqu'à près de minuit. En sortant du pub, nous nous approchons ensemble de la station de train, marchant et discutant sous la pluie. Lentement, les derniers étudiants nous quittent. Je rentre seule à mon appartement. Ce soir, j'y dors seule pour la première fois du voyage. En entrant, les portes des chambres des mes collocs sont ouvertes. J'ai un frisson dans le dos. En allant voir le modem dans l'une des chambres, je découvre qu'il avait été débranché lors du départ de ma colloc. Voilà qui explique pourquoi internet ne fonctionnait pas ce matin. J'entre dans ma chambre et en barre la porte.