A Travellerspoint blog

8 au 12 juin

all seasons in one day 35 °C
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8 juin. Vendredi d'une fin de semaine s'annonçant longue. La journée est consacrée à la complétion du rapport d'observation. En fin de journée, nous assistons à la rencontre des chefs de services (coordonateurs) des différents axes de l'association. La rencontre est très intéressante, mais il semble que nous aurions été plus efficaces en ayant pris connaissance de certaines informations plus tôt.
Alors que j'attends ma mère d'accueil, j'en profite pour prendre mes messages. C'est ainsi que je reçois une mauvaise nouvelle. Du type qui vous ruinent le moral sans que vous puissiez y faire quoique ce soit. Une chance que c'est à mon tour d'avoir le cellulaire que nous partageons entre stagiaires. Je prends un moment pour moi à mon arrivée à la maison. Après avoir lu la lettre écrite par mon amie Julie, je fouille dans mon carnet de notes (faits en réutilisant d'anciennes feuilles de travail qu'elle m'a donné) afin d'y trouver, au bonheur d'un verso d'une feuille, son numéro au travail. Je m'empresse donc de l'appeler avant le dîner (souper), ce qui m'a fait un grand bien.
Je sors avec ma lecture du moment, Destruction Massive, Géopolitique de la Faim, de Jean Ziegler, afin de lire un peu à l'air frais. Marie-Christine, ma cousine d'adoption, m'offre de la bouillie de riz. En fait, cela tient plus du pouding de riz. Bien sucré, ça fait du bien aux émotions en boule! Au dîner, poulet braisé et frites. Wow, bien assaisonné, en rien sec, c'est le meilleur poulet bicyclette du voyage, à date.

9 juin. Visite du marché avec Arianne, Fethi et Mélanie. Le marché est toujours bien animé les jours de fin de semaine. Les premiers étals présentent un nombre impressionnant de grigris. Des têtes d'animaux de toutes sortes y sont offertes, notamment une tête de chat. Un homme nous accoste en demandant à Fethi laquelle de nous il peut avoir. Oui oui... comme si on était des marchandises! Fethi répond « aucune », ajoutant que nous sommes mariées, ce qui marche plutôt bien pour moi et Mélanie, qui portons les bagues confectionnées par Marie-Ève. Comme Arianne ne porte pas la sienne, trop petite, l'homme insiste, demandant nos noms à Fethi. Ce dernier répond, sans hésite, Françoise (Mélanie), Ophélie (moi) et Brigitte (Arianne). Bon, il a manqué d'inspiration pour la fin, mais il finit par convaincre le type de nous laisser tranquilles. Lorsque nous avons trop chaud, nous arrêtons dans un Maquis, boire une sucrerie.
Nous retournons ensuite chez Munyu, où madame Olivia vient chercher Fethi. La présidente de l'association est présidente d'honneur à la fête pour la fin de l'année scolaire des maternelles (3 à 5 ans). En route vers la maison, nous arrêtons chez une famille endeuillée afin d'offrir nos condoléances à l'occasion de la veille mortuaire.
Toute la famille s'habille chic. Les étudiants de la maternelle, dont Mathis, portent tous des habits confectionnés à partir d'un pagne identique, violet. Les parents d'élèves portent tous un pagne identique, fauve. À la fête, la cérémonie n'est même pas encore commencée que les petits dansent. Le spectacle les mets de l'avant. Ils dansent, chantent, récitent et jouent une pièce de théâtre. Le tout est à la fois mignon et pénible. Mathis refuse d'aller avec ses camarades et se cache auprès de son père. Nous quittons rapidement la fête, afin de nous mettre en route vers Niangoloko.
Ce soir, une amie d'enfance d'Olivia se marie. Il s'agit d'un mariage traditionnel Gouin. La petite bourgade est à environ 40 minutes au sud de Banfora. Arrivés, nous commençons par nous installer à l'hôtel avant de rejoindre les invités. À peine arrivés, un groupe de garçon me présentent, sans cesse, leurs amis. Visiblement, il y a moins de blancs qui passent ici. Je prends Mathis, endormi, que je leur présente comme étant mon petit frère. Distraction réussie, j'ai la paix. On s'assoit et on mange du riz gras dans le même bol. Bien assaisonné et délicieux! Dès qu'on a finit de manger, les enfants, qui se plaignaient de faim quelques minutes avant, s'endorment. On reconduit donc les petits, accompagnés de leur nounou, à l'hôtel. Les gens me dévisagent toujours sur la route. Olivia prend conscience, pour la première fois je crois, des réactions que ma couleur de peau provoque. Oui, c'est toujours comme ça, parfois un peu moins pire seulement.
De retour au mariage, des musiciens jouent du Balafon. Au centre de la foule, des gens dansent, en formant une ronde autour de la mariée. Celle-ci doit danser le plus longtemps possible, idéalement toute la nuit. Elle a également la possibilité de passer le flambeau à une femme de sa famille. Elle tient un foulard dans ses mains, qu'elle pose sur une personne de son choix afin qu'elle la rejoigne pour danser. Pour l'encourager, les gens lui donne de l'argent, soit directement, soit en jouant avec elle un "combat" pour qu'elle l'attrape en dansant.

10 juin. Après un petit déjeuner d'omelettes, on quitte l'hôtel pour retourner à Banfora. Avec le groupe, on prendra la direction des fameuses cascades. Nous nous entassons à nouveau dans la voiture d'Oma (ou Oumar, c'est selon... personne a la même version!). La route est assez longue et très cahoteuse. L'entrée du sentier se nomme la Porte des Manguiers.
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Sur environ 200 mètres, le sentier y est bordés d'énormes manguiers, dont les branches se rejoignent au dessus de nos têtes. Leurs troncs font clairement plus d'un mètre de diamètre.
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Le sentier, non balisé, passe à travers les rochers.
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Pour monter, on fait le grand tour, arrêtant à chaque pallier afin de sélectionner notre lieu de prédilection.
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Ce sera finalement le haut de la chute. Avant de se mouiller, on prend le temps de déjeuner. Mode pic-nic. On s'ouvre des cannes de cornbeef et de thon. On coupe de l'oignon et de l'avocat. Au final, nos sandwichs improvisés seront délicieux. On s'installe pour l'après-midi.
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Le plus clair du temps sera passé dans l'eau fraîche des cascades.
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En redescendant, je vois un genre de petit chien de prairies. Plus loin, on croise des gens montant avec des animaux pour les sacrifier. Certaines personnes croient que les cascades abritent des esprits. La descente sera plus rapide.
On retourne dans nos familles pour dîner. À la maison, une voisine vient en visite. Elle me voit prendre Mouche sur moi pour le flatter. Il n'en fallu pas moins pour qu'elle commence à parler de ses voisins blancs et de leur "gros" chat, qu'ils nourrissent et qui a une litière. Quel scandale! Rappelons qu'ici, les chats ne mangent que des restants de table. Ils sont à la fin complètement de la liste. Il reste rarement de quoi les sustenter. J'éprouve un certain malaise à l'entendre parler "des blancs" avec un ton plein de mépris. Le même genre de malaise que j'éprouve face au racisme au Québec, la rage en moins.
Au dîner, nous avons des crêpes en dessert. Je décide d'y mettre du sucre de canne et du jus de citron, comme je l'avais fais, l'été passé, à Berlin. Je propose à Olivia d'essayer ce mélange. Elle adore et fait goûter au reste de la famille, qui adopte l'idée! C'est agréable de voir que, dans son enthousiasme, elle pense également à faire goûter les nounous et Marie-Christine. J'apprécie toujours ce genre de confirmations de leur statut égalitaire.

11 juin. Lundi. Retour au boulot. Mélanie est malade et a du rester à la maison. Vers 9h, on rencontre Myriam, Olga et Guy. C'est la présentation de notre rapport d'observation. En laissant toutes recommandations ou commentaires personnels de côté, nous leur montrons nos observations des différents services, afin de s'assurer que nous avons l'heure juste. Nous transmettons des suggestions soulevées par les employés rencontrés. Il y a un colloque chez Munyu. Par conséquent, Olivia ne rentre pas déjeuner en même temps que moi. Madame Héma envoie le chauffeur de l'association nous déposer. Olivia, durant sa pause, me dit qu'il reviendra me chercher à 15h20. J'attends donc. Puisqu'il n'y a toujours personne à 15h30, j'appelle madame Héma, qui me dit qu'elle s'en charge, et que le chauffeur va venir. Toutefois, 10 minutes plus tard, toujours rien. Marie-Christine teste alors la seule moto disponible, qui est censée être gâtée (brisée). Heureusement, celle-ci fonctionne et elle me remorque jusqu'au bureau. Ici, lorsque l'on transporte un passager à moto, on dit qu'on le remorque. Premier tour de moto à vie! Yay! J'apprendrai plus tard que Madame Olivia avait laissé ses clés au gardien de l'association pour qu'il les remette au chauffeur. Toutefois, le gardien, saoul, s'est endormi en oubliant même qu'il avait les clés.
En soirée, une amie d'enfance d'Olivia passe à la maison. On discute dehors en grignotant des fruits de Karité. Ça goûte les dattes et a la texture et la couleur de l'avocat. Les fruits ne font pas plus de 4 centimètres de diamètre, dont seulement un demi-centimètre est constitué de chair. Comme la peau ne se mange pas, c'est beaucoup de travail pour peu.

12 juin. C'est le retour de Mélanie, en forme. En avant-midi, on parle de notre projet de fonds de sensibilisation du public. Nous en profitons pour planifier les capsules à venir. En milieu d'avant-midi, un orage éclate. Pour le déjeuner, je retourne à la maison à pieds, sous une pluie légère. Les gens m'interpellent à coups de Toubabous et de "blanche". Tannant, à la longue. Pour le retour, Marie-Christine m'emmène au boulot, en moto.
Mon après-midi entier est consacré à l'élaboration d'une formation Word 2003/2007. Avec chance, Internet fonctionne bien, ce qui permet un rythme de travail satisfaisant. Notre tâche est grandement facilitée par le fait de ne pas devoir attendre 10 minutes l'ouverture d'une page web.
Steve débarque chez Munyu après l'école, pour la deuxième journée consécutive. Il chigne beaucoup, parce que c'est long, dérange les employés et coupe la parole de sa mère alors qu'elle discute avec les gens, dans le cadre de son travail. Il obtient quand même ce qu'il veut. Nous arrêtons à la boulangerie sur le chemin du retour pour acheter des brioches.
Au dîner, le même riz sauce légume qu'au déjeuner, mais devancé d'une salade d'avocat. En dessert, Awa nous a préparée des beignets aux bananes. Je décide de tremper les miens dans mon yaourt. Les enfants, et Olivia, décident de m'imiter et d'adopter le mélange, délicieux. Olivia fait goûter aux Nounous et à Marie-Christine. Elle me dit que, lorsqu'ils mangeront cela, ils penseront toujours à moi. Ça fait chaud au cœur de sentir qu'ils apprécient autant ma présence.

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Le début de la routine

Première semaine au travail

sunny 38 °C
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2 juin. Réveil à 7h30. Aujourd'hui, on quitte les cases. Nous nous dépêchons tous à faire nos sacs et apprécions notre dernier déjeuner ensemble. Le fourgon de Munyu vient nous chercher, avec Guy, le responsable de la branche socio de Munyu.044.jpg À tour de rôle, on nous dépose dans nos familles. Puisque je serai l'avant-dernière, j'ai le loisir d'entrevoir où résideront mes collègues.
Lorsque j'arrive chez madame Héma, seul Monsieur Somé Michel, mon père d'accueil, est présent, avec le bébé, Laure-Cheryl. Michel ayant été, pendant 10 ans, professeur d'histoire et de géographie, nous avons de belles discussions sur la politique (qu'elle soit canadienne, burkinabè ou étrangère). Olivia est au marché, Steve, le plus vieux des enfants, est à l'école et Matis, le plus jeune des garçons, joue avec les voisins. Je fais donc connaissance de Michel, et de la petite. La maisonnée compte également deux nounous, Awa et Pélagie.
À propos du système des nounous. Ici, les familles en ayant les moyens recrutent des nounous. Parfois, elles sont de la famille. Leur travail consiste à s'occuper des petits et de la maisonnée. Ce sont elles qui préparent (cuisinent). Les bonnes familles leur viennent par la suite en aide pour se trouver un travail professionnel.
Je profite de ce moment tranquille pour me doucher et installer mes choses dans ma chambre.046.jpg047.jpg
Dès son arrivée, Olivia vient me saluer. Je m'empresse donc de terminer pour la rejoindre à l'extérieur.

Vers 13h, elle m'annonce, fièrement, que l'on va "prendre un coup". Euh, quoi? Nous montons en voiture, direction le "Délice". Nous y prenons un breuvage, jus de mangue pour moi, et mangeons des morceaux de porc braisé au four, en compagnie de son "petit frère". Les liens de parentés étant parfois très relatifs ici, je comprendrai plus tard qu'il s'agit d'un ami d'enfance. En retournant à la maison, nous passons au marché. Olivia achète beaucoup de choses "pour moi". Je sens qu'elle se préoccupe bien de mon bonheur. Elle me demande beaucoup ce que j'aime manger, si ces choix conviennent. Elle me prend du yaourt, de la confiture de mangue et... du papier de toilette. Elle est habituée aux Toubabous (blancs en Dioula).

En après-midi, je vais, avec Marie-Christine, la nièce d'Olivia qui habite également sous son toit, chez la couturière. Nous discutons beaucoup sur le chemin. Elle a 23 ans, alors c'est intéressant d'avoir le point de vue d'une personne de mon âge. Comme elle est plus jeune, elle refuse de me laisser transporter mes pagnes. Ici, les tâches sont dédiées d'office aux plus jeunes. Mes habits seront prêts Jeudi, à temps pour le mariage traditionnel de samedi!

En soirée, je rencontre le dernier membre de la famille, Mouche le chat.

3 juin. Dimanche, jour d'Église. Oui, oui, je me rends à la messe, en famille. L'Église est également ouverte. Les bancs sont pleins, des gens assistent depuis l'extérieur. Je rejoins Arianne, et Marie-Ève se rajoute rapidement. Nos gilets sont de la même couleur, costume de Toubabous? Olivia a du quitter en cour de messe. Il y a eu une urgence reliée à une noyade. Nous profitons de la sortie de messe pour discuter un brin de nos arrivées en famille.

De retour à la maison, Diamant, la petite sœur d'accueil de Marie-Ève, et cette dernière, nous rendent visite. Elles nous informent de la tenue d'une Kermesse, à laquelle je me rendrai en compagnie de Marie-Christine.

Au dîner, je goûte pour la première fois au To. Pas mauvais, mais je crois que ça demande une adaptation. Pour les non-familiers. Il s'agit d'une pâte blanche de céréales. La texture est mi-gélatineuse, sans être gluante, mi-solide, sans être dur. Pensez à un pudding dense. Seul, cela n'a aucun goût. La sauce joue donc un rôle crucial! Deux choix, sauce oseille ou sauce gombo. La sauce gombo est faite du légume du même nom et est très gluante.

4 juin. Premier jour de travail. Le point de rencontre est fixé chez Munyu. Puisque ma mère d'accueil y travaille, elle m'emmène en voiture. Alex arrive en dernier. Excités, on se raconte nos fins de semaines.

Nous prenons la matinée pour étudier, en groupe, le nouveau document décrivant les demandes de Munyu à notre égard. Pour l'après-midi, le rendez-vous est fixé à 15h30. Naïvement, je m'inquiète à l'idée de devoir marcher, et trouver mon chemin, pour revenir au travail, après le déjeuner. Madame Olivia ne pourrais pas me voyager, non? Ah, oui... la sieste!

À propos de la sieste. Difficile de comprendre, d'un point de vue extérieur, toute la valeur et la justification d'une sieste, d'une pause de 3 heures, en plein milieu de la journée, où les gens retournent chez eux. Une fois sur le terrain, on comprend vite la nécessité! Avec la chaleur, on se fatigue sans bouger.
De retour au travail, nous rencontrons Olivia et Myriam, avec qui nous discutons du document analysé le matin. Nous discutons faisabilité et priorités. Nous prendrons ensuite le temps, en groupe, de faire un retour sur la rencontre, ainsi que sur les idées et réflexions que celle-ci a soulevée.
Chez les Héma-Somé, les visiteurs se succèdent assez rapidement. J'ai souvent de belles discussions avec eux. Ils prennent tous à cœur de m'apprendre quelques mots de Dioula, et se réjouissent lorsque j'en emploie.

À propos du partage. Ici, la notion de collectivité est très forte. Aussi, le partage est au cœur des relations interpersonnelles. Il semble donc tout naturel pour les enfants de partager. Alors que nous dînions, nous avions droit à un dessert de crêpes aux chocolats. Aussi, j'ai d'abord trouvée étrange de voir leur fils aîné se lever de table, crêpe roulée en main. Il se dépêcha à la couper en deux, et s'assit avec un ami du voisinage, afin de partager. De même, lorsqu'il reste de la nourriture après le repas, il n'est pas rare que celle-ci soit servie aux enfants des voisins, venus jouer. Les voisins des Héma-Somé n'ont clairement pas les mêmes moyens que ceux-ci.

Ici, les enfants sont les enfants de tous.

Cela signifie que tous prennent soins des enfants comme s'il était le leur, mais aussi qu'ils les punissent de la même manière.

5 juin. Première journée d'observation. En compagnie d'Arianne, je dois observer la comptabilité. Toutefois, nous attendons, pendant près de 4 heures, une employée. À son arrivée, nous sommes invitées à entrer dans le bureau de la comptabilité. Arianne demande à savoir en quoi consiste, plus précisément, leur travail, et quelles méthodes sont employées. Une comptable nous indique, en montrant son sandwich, qu'elles sont en train de manger. Mal à l'aise, nous nous excusons et attendons à nouveau. Au final, la rencontre aura durée moins de trente minutes! De plus, la dame attendue ne prit jamais la parole.
L'après-midi a été consacrée à l'étude du plan de communication établit par les derniers stagiaires, venus en 2010.
En soirée, un orage éclate. Les éclairs sont si gros, qu'il fait aussi clair qu'en plein jour. Assis sur la véranda, nous nous racontons des histoires, drôles. Cette activité semble plaire énormément au plus vieux de la famille, qui en raconte beaucoup, les traduisant au fur à mesure en Français.

6 juin. Les Mercredi, c'est la demi-journée. Le matin, j'effectue donc, en compagnie d'Arianne, la visite du Télécentre de l'association. Pour l'après-midi, nous nous déplaçons chez Tanti Karama, qui héberge Alex. Nous déjeunons ensemble avec de faire un retour, en équipe, sur notre arrivée en famille, le travail et la vie en général.
Fait bébitte du jour. Après le dîner, alors que j'étais installée à l'extérieur à discuter avec mes parents d'accueils, je sens un insecte me tomber dans le dos. Instinctivement, je le prends et le laisse au sol. Il s'agit d'une mante religieuse, assez grosse. Disons que je ne m'attendais pas à cela! Celle-ci, au sol, me menace un moment, d'une patte relevée, fixée vers moi, l'air de dire "Si t'étais mon chum, jte mangerais!"

7 juin. Aujourd'hui, moi et Arianne observons le fonctionnement du restaurant de l'association. Ouf, c'est plus dans mes cordes! J'avais préparée une liste de points à soulever. La rencontre est productive, et nous pouvons assez rapidement nous concentrer sur d'autres tâches. Il faut rédiger un rapport de nos observations pour la rencontre avec Olivia et Myriam, qui aura lieu lundi. De mon côté, je tente également de mettre un antivirus sur l'ordinateur du télécentre, qui est complètement infesté de virus.
Durant la pause du déjeuner, je demande à Awa de me montrer où sont les seaux pour laver mes vêtements. Alors qu'elle remplit les seaux, elle rit déjà de moi. Après à peine 1 minute de frottage, elle plonge ses mains dans le seau. Apparemment, je n'ai pas la bonne technique... Elle, par contre, ça va vite!
Après le travail, nous effectuons un arrêt chez la couturière, afin de récolter mes nouveaux habits! J'ai très hâte de les porter!

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Banfora

Arrivée et premiers jours à Banfora

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29 mai. Journée de départ de Ouagadougou. Nous prenons deux taxis, tôt le matin, pour nous rendre chez TCV, la compagnie d'autobus avec laquelle nous voyagerons. Un seul souci. Comme il a bien plu la veille, il est impossible de retirer de l'argent pour payer nos nuits passées à l'auberge. En effet, lors des orages, il n'est pas rare que les gens ferment les modems, incluant, apparemment, celui lié aux guichets. Nous partons donc de l'auberge avec une demi-heure de retard. Par chance, notre horaire prévoit souvent ce genre d'aléas. Cela n'empêchera pas les employés de la gare de nous chicoter un brin. Ils nous rappellent que nous sommes trois minutes en retard sur l'heure prévue de départ. Moi qui croyais que cela passerait inaperçu. Être en retard, en Afrique, c'est le crime parfait, non?

Nous nous installons donc pour un trajet de 6 heures jusqu'à Bobo-Dioulasso. Celui-ci prévoit un arrêt d'une dizaine de minutes à Boromé. Assez pour visiter leurs salles de bains (payantes, faut-il le mentionner?) et acheter une collation auprès des vendeuses qui déambulent, agiles, à travers la foule, leurs marchandises sur la tête. Et elles connaissent parfaitement l'horaire des cars. Avant même que les portes s'ouvrent, une foule d'entre-elles s'installent auprès de celles-ci. Déjà, elles crient.
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Mon choix est fait, trop fatiguée, je reste, à surveiller nos sacs, pendant que les autres sortent. Alex leur achète notre déjeuner (je rappelle que les burkinabè ont adoptés les dénominations françaises quant aux repas). Pains, arachides et sachets d'eau, que nous engloutiront silencieusement, étourdis par le volume surhumain du film jouant dans l'autobus. Dans ce genre de films et de séries, les personnages semblent crier du début à la fin. Impossible de les ignorer. Même avec des écouteurs.

Arrivé à Bobo. La gare, comme celle de Ouagadougou, se résume à un hangar servant aussi bien à l'entretien mécanique des véhicules qu'au transit des passagers ou à la vente de tickets. Il faut comprendre ici que nous n'avions aucune assurance d'obtenir des sièges pour Banfora. Il faut se déplacer avant d'acheter les billets. Coup de chance, il reste pratiquement tout juste assez de place pour nous dans le prochain départ vers Banfora (en fait, il restera seulement une place de plus). Et, une petite attente de 10 minutes, ça se prend bien.

Il ne reste qu'une heure quinze d'autobus à faire entre Bobo et Banfora. Plus on progresse, plus c'est vert. Banfora m'a parut immédiatement plus pauvre que Ouaga. Par contre, elle est beaucoup plus attrayante par la verdure l'envahissant. Chaque coin de rue abrite un arbre. Les rues sont tapissées de manguiers (oui, oui, de la mangue! Mais j'y reviendrai), et l'herbe agrémente les rues. Des animaux de toutes sortes se baladent en dévorant cette dernière. Chèvres, moutons, ânes, cochons, coqs, poules, poulets, poussins, et j'en oublie certainement. Banfora n'a pas de gare à proprement parler. L'autobus se recule dans un cimètre (rue non pavée), vis-à-vis une salle d'attente à air ouverte. Le fourgon de l'association Munyu nous attend déjà. Il nous emmène vers la radio. Nous dormirons, pour 4 nuits, dans les cases adjacentes. Il s'agit de petites habitations.
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Le décor est magnifique. Depuis la colline, nous surplombons la ville de Banfora, encastrée entre les collines. Déjà, le soleil baisse, la vue est à couper le souffle. Nous défaisons tranquillement nos bagages. Ici, nous dormirons à trois par chambre. IMG_2670.jpg
Les pieds et têtes de lits se touchent littéralement. Pour vous donner une idée, comme l'un des montants sur lesquelles mon filet s'accrochait ne tenait plus, j'ai attachée mon filet après celui du lit de Mélanie.

Soudain, Marie-Ève crie. Fort. Et sort en courant de sa case.

Roulée en boule à quelques mètres des cases, elle tremble, pleure, et n'arrive pas à répondre à nos questionnement. Qu'es-ce qu'il y a?

Dans cette situation, moins on sait, plus on a peur. Merde. C'est quoi??

Une araignée.

Pas une toute petite, innocente. Oh que non. Un monstre. Horrible. Plus grosse, elle aurait des dents. J'exagère à peine. Si le corps est relativement petit (1cm carré), les pattes, affilées, atteignent facilement les 5cm, individuellement. Petit calcul rapide. Ça fait 12cm de diamètre. Un monstre, disais-je.

Les gars (Alex et Fethi) ont donc commencés à "nettoyer" les cases. Parce qu'il est hors de question de prendre la chance qu'il y en ait aussi dans la notre. Ils retirent les matelas, puis, les barreaux les soutenant. Une case à la fois, un lit à la fois.

À chaque lit, c'est pire.

Il y a toujours plus d'araignées (à tuer, on s'entend que, on n’avait pas envie de les déposer gentiment dans la nature), elles sont toujours plus grosses. Certaines, selon Alex, sont même venimeuses.

Comme la nuit commence à tomber, il y a plein d'autres bebittes qui commencent à se promener. La nuit est un peu moins idyllique que le joli coucher de soleil l'ayant précédé. Nous voyons mêmes des "scorpions". On nous explique que les créatures sont de la famille des scorpions, mais n'ont pas de queue. Par contre, elles pincent. Transparentes et jaunâtres, elles se promènent à une vitesse incroyable, et mesurent une dizaine de centimètres de long par environ 4cm de large.

Une fois le ménage terminé, on se rend au restaurant, question de dédramatiser et d'avoir un accueil plus agréable. Nous y rencontrons donc Samuel et Myriam, deux coopérants travaillant auprès de Munyu. On parle brièvement de notre aventure, on rit, la nourriture est excellente, ça fait du bien!

30 mai. Ai-je besoin de dire que, à part pour les gars, qui ont ronflés, la nuit a été courte pour nous? Après un petit déjeûner rapide, nous nous rendons en ville. Pour la première fois, nous voyons où résidera Alex, pour la durée du stage. La maison est belle, encadrée par deux cocotiers chargés de nids d'hirondelles et de petits perroquets. Pas surprenant qu'il n'y ait pas une mouche à l'horizon. Un énorme manguier agrémente la cour. Le terrain comprend également un petit pavillon (deux chambres et un salon), ainsi que le mausolée du défunt père de famille.

On s'entasse à nouveau dans notre taxi, 2 sur le siège passager, 4 sur la banquette arrière. Direction, Munyu.

Première visite rapide des lieux. Nous avons la chance d'y rencontrer les doyennes de l'association, notamment, Madame Héma Laurence.

La fin d'avant-midi consistera d'une tour de ville en taxi. Nous nous arrêtons pour visiter l'hôtel des Cascades. Il s'agit d'un hôtel de luxe, dont les chambres, qui entourent les jardins, sont faites de bois. Plus la chambre est luxueuse, plus il y a de bois. Planchers, murs, plafonds, meubles, tout y est en bois. Le portrait de Blaise Comparé trônant fièrement. Chez la plupart d'entre-nous, cela évoque un certain malaise. Comment peut-on être aussi prêt de la ville et en ignorer tant la réalité? Après une visite rapide de l'hôpital, constitué de plusieurs pavillons de brique rouge, notre chauffeur nous montre son Maquis. Drôle de coïncidence, il est midi. C'est là que nous déjeunerons. Sandwichs à l'omelette. Nous nous amusons un peu avec les enfants de notre chauffeur. Comme le réalisera rapidement Mélanie, ici, les bébés ne portent qu'un bout de tissu en guise de couche. À notre grand étonnement, le bébé de 3 mois boit de la liqueur.

Dernier arrêt de la journée, le marché. Histoire d'acheter des pagnes (tissus vendus au mètre). Le choix est difficile à faire, il y a tellement de tissus. Sur le chemin, un petit garçon est tellement terrorisé par notre présence, qu'il hurle au meurtre en s'agrippant à une poutre. Premier enfant effrayé. La mère rit, de son côté, rit beaucoup. Que faire d'autre?

On achète nos premières mangues (10 sous l'unité), et on retourne aux cases afin de laver, littéralement, notre linge sale en famille.

Des enfants passent, et nous demandent de l'eau. Nous leur en donnons un peu, et ils continuent leur chemin. Alex nous explique qu'ils doivent travailler aux champs. Seulement deux parlent français, et donc, vont à l'école. Une trentaine de minutes plus tard, ils repassent, alors qu'Alex et Arianne jouent au soccer avec l'ensemble miniature que Marie-Ève a acheté au Dollarama, pour les enfants. Ils se tiennent, gênés, à l'écart. Je propose à Alex de les inviter à jouer. Après un moment d'hésitation, ils se joignent, un à un, au jeu.
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Comme ils jouent nus pieds à travers la terre et les roches, Alex se blesse le pied, rien de grave toutefois.
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En collation, nous mangeons nos premières mangues locales. Wow. Comment décrire ce délice? D'abord, elles sont vraiment moins fibreuses que celles sur le marché québécois. Mûres à point, elles sont juteuses et goûteuses.

Ce soir, nous dînerons installés confortablement à l'abri d'un orage.

31 mai. Journée des visites officielles. Premier arrêt, la gendarmerie, afin d'y signaler notre arrivée en ville. Nous retournons ensuite chez Munyu, afin d'y rencontre Madame Héma Olivia et Olga, qui nous parlerons de l'Association.
Vers 11h, nous sommes attendus à la Mairie. Le chef de sécurité nous accueille, et nous apprend une nouvelle poignée de main secrète; on tape, puis on cogne les poings en claquant. Le Maire connait bien le Québec et est très enthousiaste envers le programme Québec Sans Frontières. Il nous reçoit donc pour une bonne demi-heure, ce qui est étonnant, vu son horaire chargé. L'homme est inspirant et passionnant à écouter.

Bref retour aux cases. À tour de rôle, nous sommes malades, à l'exception de Fethi. C'est de circonstances, puisque nous visiterons en après-midi le centre de santé local, afin d'y rencontrer le responsable de la santé pour la région. Sous l'ombre d'un manguier, la cour du centre est remplie de poules. Les ambulances sont des motos-ambulances blanches.

Lors du dîner, au Calypso, je fais la découverte du jus de Liane. À la fois sucré et surette, ce jus est délicieux (malgré que cet avis ne fasse pas l'unanimité parmi mes collègues). Une petite chatte d'Espagne se promène près de nous. Souper-spectacle, elle chassera et tuera un lézard sous nos yeux.

À propos des animaux domestiques. Ici, les chats et chiens sont exclusivement nourris par les restes de tables. Parfois, cela ne suffit pas. Je citerais ici l'expérience d'un chaton ayant vécu dans la famille d'adoption d'Alex, à Ouaga, qui serait mort de faim en trois semaines. Pas surprenant que les lézards soient attrayants! Parfois, certaines personnes, démunies, mangent les chats qu'ils attrapent. Les chiens, quant à eux, sont souvent laissés libres. Ils sont des descendants de dingos australiens. Ils n'est pas rares qu'ils soient frappés par leurs maîtres.

1er juin. Journée de repos. Aucunes obligations. Pas d'alarme. Le petit-déjeuner est suivi d'un mini-cours sur la géopolitique africaine, dispensé par Alex. Puis, nous nous déplaçons vers la salle de réunion de la radio, afin d'être à l'ombre mais aussi pour profiter à la fois du ventilateur et d'Internet.
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Notre déjeuner sera froid, ce qui est particulièrement appréciable, ici. Des sandwichs aux œufs que l'on se fait nous-mêmes.

Vers 17h, nous rencontrons enfin nos familles d'accueil, chez Munyu. Ma mère d'accueil sera Madame Héma Somé Olivia, la fille de Madame Héma Laurence. Les deux femmes, éveillés et d'une grande intelligence, sont dotés d'un sens de l'humour bien aiguisé. J'apprends que la famille a trois enfants, de 6 mois, 3 ans et 8 ans.

Tanti Héma, qui n'était pas présente à la rencontre, vient nous rejoindre, en nous reprochant, étant donné tous les rires entendus, de ne pas l'avoir invitée. Elle m'annonce fièrement être ma grand-mère d'accueil (bien qu'elle n'habite pas chez Olivia). Nous prenons à ce moment une photo de groupe avec elle. (Il me tarde, encore une fois, de vous la montrer)

À propos de "Bon arrivé". Ici, les gens nous souhaitent souvent un bon arrivé. À Ouaga, on prenait pour acquis que nous venions de débarquer au pays. Quant à Banfora, c'est plutôt les gens que l'ont rencontre pour la première fois, ainsi que nos membres de familles, qui sont portés à le dire. Cela relève à la fois de la politesse et de l'automatisme.

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Adaptation

Premiers jours du voyage, à Ouagadougou

sunny 37 °C
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Erreur fatale #2: Lors de notre première soirée à Ouagadougou, j'ai omis de me mettre du chasse-moustiques. Après une seule soirée au restaurant, mes jambes sont couvertes de piqûres. Je fais une réaction allergique, les piqûres sont énormes. Heureusement, avec quelques capelets de Bénadryl, elles diminuent un peu.

Notre première matinée burkinabè commence un peu en retard. En effet, erreur fatale #3, j'avais oubliée de mettre mon cadran à "alarm on" après avoir définit l'heure souhaitée du réveil. C'est donc Alex qui vient nous réveiller. Après un déjeuner rapide de mangues et d'ananas, on pars. Première apparition des lézards. Ils semblent destinés à nous suivre tout au long du voyage. De mignons petits lézards, rapides et nerveux, gris, blancs et oranges.

Au menu du jour? Tour de ville à pieds, et première expérience du marché à l'africaine. Doudou, l'ami voyou d'Alex, nous rejoint à l'auberge. Il ouvrira la marche, et Alex la fermera. Ils empêchent les vendeurs de trop nous harceler, tout en les laissant s'approcher assez pour que nous comprenions c'est quoi. On a même pas d'argent sur nous. Alex a décidé qu'il serait préférable d'attendre d'être à Banfora pour aller à la banque. Il fait tellement chaud qu'on dégouline littéralement. Il faut dire que l'on est pas encore adaptés à la température locale, et que l'on marche au pire moment de la journée, de 13h à 16h. Marie-ève attire beaucoup les regards, déjà, elle a été demandée en mariage deux fois. Une pause dans un Maquis s'impose, le temps de prendre un coca-cola. Malheureusement, les employés nous oublient, et on attend une heure nos boissons. Dans notre promenade, on passe à travers la section boucherie du marché. Elle est fermée, mais une odeur de mort s'en émane et la quantité de mouches s'envolant à notre passage donne franchement envie de devenir végétariens. Alors que l'on passe par le quartier des ministères, Arianne commence à se sentir mal. Nous prenons une pause à l'ombre, en attendant Alex, qui est parti, à la course, nous acheter de l'eau. Mon premier sachet d'eau. Il s'agit d'une sorte de poche de plastique scellée, contenant de l'eau de source. Pour boire, il faut en mordre un coin et aspirer l'eau. Pour dîner, ou plutôt déjeuner (on utilise ici le système français), on achète des arachides à une tanti. Même si elles sont chaudes, elles sont très croquantes et savoureuses. C'est donc en grignotant ces arachides que l'on retourne vers l'auberge, faire la sieste avant le dîner.

À propos d'être la minorité visible. Je ne pense pas qu'il soit possible d'imaginer la manière dont on se sent en tant que minorité visible. Très visible dans ce cas-ci. Sur notre passage, les gens se retournent. Certains, majoritairement des enfants, nous crient "Nassara" ou "Blanche". Tous se font insistants dans leur volonté de nous vendre leurs produits. On prend pour acquis que nous donnera de l'argent aux mendiants. Parfois, on nous suit même dans la rue.

La seconde journée à Ouagadougou sera plus officielle. Après un petit déjeûner de baguettes à la marmelade d'ananas, le chauffeur d'Oxfam Québec nous amène aux bureaux, se présenter.
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Prévisions météorologiques du jour: 39.C avec des orages. On a l'occasion de passer quelques moments avec Oscar, le représentant terrain pour Oxfam. Il nous parle, avec passion, du Burkina Faso, de Banfora et des projets en cours.

Comme nous avons de l'avance pour notre rendez-vous suivant, on se promène dans les rues avoisinantes, à la recherche d'un café pour Fethi, qui n'arrête pas de parler du café qu'il n'a pas pu boire ce matin-là. Évidemment, on se fait encore assaillir de toutes parts.

La deuxième visite du jour se fera à l'Ambassade canadienne, qui partage un bâtiment avec l'Ambassade du Danemark. On y rencontre un québécois, Antoine, et une burkinabè, Salimata. Ensemble, ils nous présentent les projets de l'ACDI et du MAECI au Burkina Faso, en nous expliquant ce que fait l'UAD. On nous offre de l'eau, 4 bidons (1.5 litre chacun), que l'on engloutit! Salimata nous parle des risques et dangers pour les canadiens en voyage au Burkina Faso. Plus précisément, des dangers des "expériences inédites" et des "amours sans frontières". Elle parle aussi du choc culturel et du coût de la vie à Banfora. Le premier devait y être quasi-inexistant, et le second, très élevé. Les expressions faciales d'Antoine nous permettent de relativiser son discours.

Pour déjeûner, direction le Café ONU, un passage obligé pour les étrangers. Le restaurant est tellement plein que les nouveaux clients se séparent et s'asseoient à table avec d'autres clients. Nous sommes dans l'obligation de faire de même. Riz sauce arachides à la viande et Bissap. Wow! Le restaurant est plus cher que la moyenne, mais c'est absolument délicieux! Alex nous incite à marcher pour retourner à l'auberge. "C'est seulement à 500m!" Bon, tout étant relatif, c'était plus 20 minutes de marche sous le gros soleil. Nous donnons nos restants de tables, pris pour emporter, et des enfants mendiant dans la rue. Leur expression de joie était absolument magnifique!

Après un arrêt rapide à l'auberge, on va à la piscine de l'hôtel relaxe. Après environ deux heures de baignade dans une piscine quasi-privée, il commence à pleuvoir. Lorsque l'on commence à voir des éclairs, on s'abrite sous un pavillon. Nous avons attendu une accalmie pendant une heure. Alors que la pluie était un peu moins intense, nous nous sommes résolus à retourner à l'auberge, serviette sur la tête. En attendant le retour d'Alex, on décide de faire la sieste. Il nous rejoint au moment même où l'on se réveille, avec toute une anecdote à nous conter. Alors qu'il devait faire légaliser nos copies de passeports, il a cru s'être fait voler l'ensemble de nos passeports. Le policier les ayant pris avait dit revenir en 15 minutes. Toutefois, comme une des copies n'était pas bonne, il devait en refaire une, et comme il pleuvait, il ne souhaitait pas sortir dehors. Par conséquent, Alex l'a attendu très longtemps.

On reprend la route, sous la pluie, pour aller au cybercafé et dîner. Nous mangeons dans un restaurant français, des burgers et des frites. Comme nous sommes les seuls clients, les employés et leurs amis nous regardent manger, en silence. Malaise. Normalement, la pluie ne devrait pas durer plus de deux heures, en saison des pluies. Toutefois, celle-ci durera plus de six heures.

Expression fétiche: "Le seul endroit où il fait pas chaud, c'est dans mon sommeil!"

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Nuits d'Afrique

Voyagement et arrivée à Ouagadougou

sunny 40 °C
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Départ de Sainte-Catherine (chez mes parents), 10h am. Il faut comprendre que, la veille, on a déménager, un peu en catastrophe, tous mes effets personnels chez mes parents. Je dois dire qu'ils m'ont été, comme toujours, d'une grande aide! Comme à l'habitude, je fais mes sacs de nuit. Cette fois, j'ai finis vers 2h am.

Après un déjeuner quasi-traditionnel au restaurant où je travaille, à Québec, on est rejoints de Marie-Ève. Elle fera le voyage avec nous jusqu'à l'aéroport. Un à un, on se rejoint près du comptoir d'enregistrement d'Air France.
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Photos de groupe avant l'embarquement

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Les bagues confectionnées par Marie-Ève

Photos des groupes Bénin et Burkina Faso, avant l'embarquement, à Montréal
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On a la chance d'embarquer dans l'avion commercial le plus gros au monde, le Airbus 380. Environ 530 places, sur deux étages. Tout le monde est installé. On attend. C'est long, il fait chaud. Après un moment, on nous apprend que l'air climatisée au sol est brisée. Il faudra attendre d'être en vol. Dès que l'avion avance vers la piste, il commence à pleuvoir un peu. Puis, les rafales se mettent de la partie. Bientôt, le vent est si fort, que l'avion tangue. Notre décollage est retardé. Lorsque, enfin, le vent se calme, on est 5e sur la file d'attente pour décoller. On entreprend finalement notre voyage avec 1h20 de retard. Tant pis, on attendra moins à Charles-de-Gaulle!

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Agent de bord du tonnerre!

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Le Airbus 380

Dans l'avion, c'est le grand luxe! Comme c'est l'anniversaire de Marie-ève, on trinque au champagne!
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Notre arrivée à Charles-de-Gaulle

Arrivés à Charles-de Gaulle, on s'installe, après quelques recherchent, à notre porte d'embarquement. Je pars, avec Arianne, à la recherche d'une patisserie sur laquelle apposer la petite chandelle led que j'ai achetée pour la fête de Marie-ève. Il faut comprendre que, comme ça fête est le 26 mai, elle le passe en voyagement. On trouve finalement une boutique de macarons Ladurée. Wow!

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Marie-Ève célèbre sont anniversaire à Charles-de-Gaulle

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Terminal K de l'Aéroport Charles-de-Gaulle

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En attente à Charles-de-Gaulle
Notre terminal, en tube, est très futuriste. Les bouts sont entièrement vitrés. On y trouve des petits salons ouverts à tous, avec chaises ergonomiques pour s'allonger.
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Le salon du Terminal K de Charles-de-Gaulle

Notre second vol se fera dans un plus petit avion, toujours un airbus, mais d'une centaine de places.
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Direction: Ouagadougou
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Kroko Le dragon, un toutou offert par ma mère, écoute le film "Puss in Boots"

Pour comparaison:
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Survol de la France
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Survol du continent africain

On arrive, 5h30 plus tard, à Ouagadougou. Il est environ 17h, heure locale. Perré, logisticien au bureau d'Oxfam Québec, nous accueille et nous aide à passer les formalités de l'aéroport.

Erreur fatale #1: Je souhaitais filmer la réaction de notre accompagnateur à notre arrivée. Des militaires ont pensés que je les filmais. Aussitôt, l'un d'eux m'approche et me "bastonne", comme on dit ici. Il me fait la morale en me disant qu'on vient d'un pays civilisé, et qu'on vient ici, au pays des hommes intègres, faire n'importe quoi. Ouch. On va s'en souvenir. Et tout ce temps, notre accompagnateur se bidonne de l'autre côté des portes vitrées.

Perré nous emmène, en voiture, à notre auberge, qui est géré par des catholiques. Il s'agit d'un beau complexe, en plein coeur de la ville. Pas trop luxueux, mais juste assez familiers pour y retrouver du réconfort, pour notre arrivée. On y dormira, deux par chambres, pour 3 nuits. On s'installe rapidement, et après une douche et une sieste, on va manger. Notre premier repas au Burkina Faso sera dans un complexe récréationnel (arcade, bowling, club et restaurant) fondé par un allemand. Le Munich. On y sert de la nourriture burkinabè et de la Côte d'Ivoire. Ce soir, ce sera poisson braisé et attieké pour tous. L'attieké, c'est un peu comme un couscous, mais fait avec du Manioc, un légume-racine. On mange de la main droite, sans ustensile. Franchement, je crois que je vais adopter cette technique! C'est beaucoup plus facile pour le poisson, on trouve plus facilement les arrêtes et les beaux morceaux de chair. Avant de manger, la serveuse fait le tour de la table avec une bassine, un arrosoir et du savon. Elle verse de l'eau dans nos mains, et la bassines récupère l'eau usée. C'est un moyen d'hygiène autant qu'une marque de politesse, de savoir-vivre. À 45$ pour septs, incluant 2 consommations par personne, c'est un des meilleurs poissons que j'ai mangée à vie!

Mot d'ordre, on s'hydrate!!

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Précision. Je sais que je vous ai habitués à plus de photos, mais, j'ai oubliée mon adapteur pour transférer mes photos sans logiciel. De plus, la connection Internet est très variable ici, donc, pour le moment, j'ai pas encore réussie à en mettre... Ça viendra, j'ai l'intention de mettre à jour mes messages pour inclure les photos aux bons endroits.

Posted by Travelling_rox 06:09 Archived in Burkina Faso Comments (0)

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